Diabète
Diabète de type 2 : comprendre, se faire dépister, agir
L’essentiel
Le diabète de type 2 (DT2) correspond à une hyperglycémie chronique : le glucose reste trop élevé dans le sang. Cela s’explique surtout par une résistance à l’insuline (l’insuline agit moins bien) puis, avec le temps, par une fatigue du pancréas. Le DT2 peut évoluer longtemps sans symptôme, d’où l’intérêt du dépistage.
Diabète de type 1 vs type 2 (en bref)
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Type 1 : manque quasi complet d’insuline, début souvent plus brutal, traitement par insuline d’emblée (plutôt diabète des personnes jeunes)
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Type 2 : résistance à l’insuline + baisse progressive de la sécrétion, début souvent silencieux, prise en charge progressive (mode de vie puis traitements).
Ce qu’il faut retenir
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Le DT2 est fréquent et souvent silencieux : se dépister est essentiel.
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Le traitement vise à réduire les complications microvasculaires (yeux, reins, nerfs) et cardiovasculaires (infarctus, AVC).
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La prise en charge repose sur : mode de vie + objectifs glycémiques individualisés + traitement(s) adapté(s).
FAQ (10 questions)
1) Qu’est-ce que le diabète de type 2 ?
C’est une situation où le sucre (glucose) dans le sang est trop élevé de façon durable, parce que l’organisme répond moins bien à l’insuline et que le pancréas ne compense plus suffisamment.
2) Quels sont les symptômes ?
Souvent aucun au début. Quand la glycémie devient plus élevée, on peut voir : soif importante, urines fréquentes, fatigue, infections à répétition, perte de poids involontaire, vision floue.
3) Pourquoi est-ce important, même si je me sens bien ?
Parce que le DT2 augmente le risque de complications :
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microvasculaires : rétine, rein, nerfs (pieds)
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macrovasculaires : infarctus, AVC, artérite
La prévention cardiovasculaire fait partie intégrante de la prise en charge du DT2.
4) Qui doit se faire dépister ?
Le dépistage est particulièrement important après 45 ans et/ou en cas de facteurs de risque (surpoids abdominal, antécédents familiaux, HTA, dyslipidémie, sédentarité, antécédent de diabète gestationnel, etc.). En pratique, le rythme dépend des facteurs de risque et des résultats des bilans précédents.
5) Comment fait-on le diagnostic ?
En France, le diagnostic repose surtout sur des mesures de glycémie plasmatique (prise de sang), notamment :
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glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L) confirmée (selon les situations)
le diagnostic par HbA1c à 6,5% est largement utilisé dans certaines recommandations internationales, mais il n’est pas recommandé comme stratégie principale de diagnostic en France dans certains référentiels d’endocrinologie.
6) Que surveille-t-on ensuite (suivi) ?
L’examen clé du suivi est l’HbA1c : elle reflète l’équilibre glycémique des 2–3 derniers mois et sert à adapter le traitement.
Selon le profil, le suivi inclut aussi tension artérielle, cholestérol, poids, rein (albuminurie/DFG), yeux, pieds, etc., car la prévention des complications est globale.
7) Quel est l’objectif d’HbA1c ?
L’objectif est individualisé. Pour beaucoup d’adultes avec DT2, une cible autour de ≤ 7% est fréquemment utilisée, mais elle peut être plus stricte ou plus souple selon l’âge, les comorbidités, le risque d’hypoglycémie et l’espérance de vie.
8) Que peut faire le patient au quotidien (mesures efficaces) ?
Les mesures de mode de vie font partie du traitement :
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alimentation plus favorable (réduction des produits ultra-transformés, portions adaptées, fibres, etc.)
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activité physique régulière et réduction de la sédentarité
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perte de poids si nécessaire (même modérée)
Ces mesures améliorent la glycémie et réduisent le risque cardiovasculaire.
9) Quels sont les traitements médicamenteux possibles ?
La stratégie est progressive et personnalisée. Les recommandations HAS décrivent une prise en charge intégrant le contrôle glycémique, la prévention des complications et la prise en compte du risque cardio-rénal.
En fonction des profils, différentes classes peuvent être utilisées (ex : metformine, autres traitements oraux ou injectables, parfois insuline). Le choix dépend notamment de l’efficacité, de la tolérance, du poids, du risque d’hypoglycémie, et du risque cardiovasculaire/rénal.
10) Quand faut-il consulter rapidement ?
Consulter rapidement (ou urgences) si :
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malaise avec sueurs, tremblements, confusion (hypoglycémie possible, surtout si traitement exposant à l’hypoglycémie)
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symptômes évocateurs d’infarctus/AVC : douleur thoracique, essoufflement brutal, faiblesse d’un côté, trouble de la parole, baisse de vision
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signes d’hyperglycémie importante avec déshydratation, vomissements, respiration anormale ou grande somnolence (à évaluer rapidement).
Références officielles et robustes
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HAS (2024) – Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2.
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ESC (2023) – Guidelines “Cardiovascular disease and diabetes”.
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ADA (2025) – Standards of Care : diagnostic/classification et objectifs glycémiques.
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Assurance Maladie (ameli.fr) – dépistage (rythme) et suivi (HbA1c, autosurveillance).
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Référentiel santé publique (Ministère / docs de dépistage) – éléments de définition glycémie et prédiabète.
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SF Endocrino (référence pédagogique) – diagnostic du diabète (discussion HbA1c diagnostic).